Les salauds...
Salauds
La foudre s’abat sur un arbre dénudé
Illuminant son tronc une dernière fois
En gerbes d’étincelles sur le bois lardé
C’est malheureux, mais cela arrive parfois
La vague engloutit la côte surpeuplée
Noyant dans ces eaux noires ceux qui y vivaient
Ne laissant qu’une lande nue et dépeuplée
C’est terrifiant, mais c’est déjà arrivé
La terre tremble ensevelissant les villes
Les hommes meurent alors dans ses convulsions
Il faut s’y faire la nature n’est pas servile
Qui sans état d’âme brise les constructions
L’air vicié tue l’enfant, l’eau n’est plus limpide
Mais Gaia n’est pas fautive sur ce coup là
C’est l’homme véreux que l’appât du gain guide
Qui dans l’humanité plante son coutelas
Celui-là sait ce qu’il fait, plaidant pour ses os
Qu’il accomplit son œuvre ou celle de dieu
Alors que c’est pour l’argent qu’à Bhopal ou Seveso
Il a accompli des sacrifices odieux
Et nous braves gens, les couillons de la lune
On prend ses explications pour argent comptant
Puisqu’elles paraissent étalées à la une
On absout alors ce salaud de charlatan.
Mais combien de temps cela peut-il durer ?
Faudra-t-il que nos cheveux tombent par touffes ?
La nature peut-elle encore longtemps endurer
Toute cette pollution qui nous étouffe ?