Parano...
Dans mon sommeil agité tu murmures
A mon oreille des mots à peine audibles,
Mélange de musique et de mensonges.
Alors que je m’enfonce dans les songes
Ils deviennent peu à peu crédibles.
Prenant corps, ils m’enferment dans leurs murs.
Dans cette semi mort où je suis maintenu
Tes paroles doucereuses me ligotent.
Je ne peux résister à leur trompeuse lueur.
Mes draps maintenant se trempent de sueur
Et je sens mes bras et jambes qui gigotent
Dévoilant mon corps et mon âme nus.
Tu m’assures que tu me veux du bien,
Que le reste du monde ne m’aime pas,
Que je dois faire attention à ceux qui m’entourent
Qui ne sont que rapaces, sangsues et vautours.
Qu’il faut me méfier de ceux que je ne connais pas,
Qu’ils ne sont qu’impurs, des moins que rien.
Puis, enfin, quand dans un sursaut je me réveille,
Il me reste un goût amer à ma bouche desséchée
Tandis que mon cœur recouvre son calme.
Comme une lèpre odieuse qui planterait sa lame
Dans ma chair fragile, sans même se cacher,
La parano attend patiemment la fin de ma veille.